#Défi14jours pour la Santé publique

Nous sommes dans la 2ème vague, en zone « rouge »; mais j’entends les gens douter et argumenter contre les mesures restrictives de plus en plus sévères… moi aussi d’ailleurs, je me pose bien des questions.    

Ayant porté soutien « au front » lors de la 1ère vague, je fais partie de ceux qui ont peur que les choses s’empirent, qui perçoivent et vivent la fatigue du réseau, l’écoeurement devant la perpétuelle incertitude quant à nos journées de travail. Et j’espère malgré tout qu’on tiendra le coup.

Par contre, je crains que la majorité des gens qui étaient au départ collaboratifs devant les mesures, ne deviennent plus sceptiques, voir même frustrés. Même si je me demande si le gouvernement fait les bons calculs, je suis motivée à suivre les consignes par crainte de l’impact de la 2e vague sur mon travail et ma clientèle. Je ne suis pas la seule à se poser des questions, mais dans le doute, les autres seront-ils aussi prudents que moi? S’il incombe au gouvernement de faire un plan de match, c’est aussi de sa responsabilité de s’assurer qu’il soit applicable et adapté.

La situation est complexe et les variables nombreuses. C’est beaucoup demander à un gouvernement composé d’humains d’être certains de prendre la décision parfaite : ça n’existe pas. D’autant plus qu’on a peu de données et que celles-ci évoluent continuellement. Je suis cependant convaincue qu’il est de leur devoir de suivre les meilleures pratiques pour s’assurer de prendre les bonnes décisions pour à la fois restreindre la contamination ET éviter les effets psycho-sociaux potentiellement dévastateurs des mesures de confinement. Trouver l’équilibre et le compromis entre les deux n’est pas un choix de santé publique, c’est un choix de société.

Pour y arriver, s’entourer d’experts variés (psychologues/ pédiatres/ sociologues/ éthiciens/ anthropologues, etc.) à la table de discussion me paraît impératif, tout comme le suggère également Vincent La liberté, psychiatre chez Mission Bon Accueil. Particulièrement dans le contexte actuel où l’accès aux données probantes est limité, bénéficier de l’expertise diversifiée et complémentaire de chacun, ça met les chances de notre bord. Et s’ils le font déjà, il faudrait qu’ils le démontrent clairement. Je ne m’attends pas à des décisions parfaites, je m’attends à ce que le gouvernement s’assure d’utiliser toutes les ressources à sa disposition pour lui permettre de prendre les meilleures décisions.

Permettez-moi un parallèle avec mon travail de neuropsychologue: la science démontre que le travail multidisciplinaire permet de prendre de meilleures décisions pour le patient. Par exemple, pour un patient ayant une maladie d’Alzheimer, je travaille parfois avec l’infirmière, la travailleuse sociale et/ou l’ergothérapeute. Chacune lit le dossier avec sa propre expertise et y apporte un éclairage nouveau. Ensemble, on suggère la meilleure solution pour le patient, sa famille, dans l’environnement où il gravite. Ainsi, la famille a plus de chance de collaborer aux adaptations demandées, car nous avons pris en compte les répercussions de la maladie sur leur vie. La famille se sent écoutée, et comprend que les recommandations lui seront en bout de ligne bénéfiques, même si parfois exigeantes à appliquer. Je constate tous les jours les bénéfices et la richesse de cette diversité. 

On sait aussi qu’un plan d’intervention co-construit, i.e. auquel le patient participe à établir, a beaucoup plus de chance d’être appliqué. L’objectif du plan doit être clair, et si le lien thérapeuthique ne permet pas d’avoir sa collaboration, on peut penser changer d’intervenant.  

Alors devant les protestations qui s’élèvent face aux nouvelles mesures, peut-être est-il temps d’entendre d’autres spécialistes pour nous rassurer, sur le fait que toutes les dimensions ont été prises en compte ? Que les meilleurs compromis sont faits? Pour nous présenter les objectifs différemment? 

Quant à la participation de la population à la co-construction du plan, elle ne passe pas nécessairement par sa participation directe, mais plutôt par le fait de se sentir représenté par une équipe suffisamment diversifiée, pour que mes valeurs, et les vôtres, y soient représentées. 

#Défi14jours: ce que je demande au gouvernement, d’ici les 14 prochains jours, c’est de nous présenter clairement leurs objectifs (au-delà d’aplatir la courbe🙄), en démontrant qu’ils ont pensé à nous tous dans leur calcul coûts/bénéfices – pas seulement au nombres de décès, mais aussi à la santé mentale, à l’éducation, la culture etc – afin de sentir que nous avons été entendus et pris en considération dans le plan qu’on doit tous partager.

Et en fait, vu que je n’ai pas encore été délestée, c’est surtout ça que je souhaite: un bon plan auquel tout le monde adhère 😁.

Pensez-vous qu’ils peuvent réussir ce #Défi14jours?

2 réflexions sur « #Défi14jours pour la Santé publique »

  1. Bravo et bien articulé 👍

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